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bazarsetplaisirs-de-colombine.over-blog.com

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dentelle aux fuseaux - lectures - fleurs et paysages, et autres bricolages manuels et intellectuels !

J'ai longtemps eu peur de la nuit

Ce livre doux pour parler de faits atroces est de Yasmine Ghata.

C’est l’histoire du « sauvetage », de la « délivrance » d’un petit garçon rwandais, de sa fuite devant les machettes, de son errance entre les charniers, de son passage de l’Enfer absolu à une quiétude protectrice qui lui permet de mettre de côté cet atroce vécu. Oh, il n’est pas loin, il est en haut d’une étagère chez ses parents adoptifs : c’est une valise, sa valise, celle que sa grand-mère lui avait préparée et mise avec insistance et autorité dans les mains pour que lui, l’aîné de ses petits enfants, échappe à la tuerie qu’elle, que toutes et tous, sentaient venir.

Ce bagage, une fois débarrassé de son contenu (vêtements, objets, …), est devenu pour le petit garçon tout au long de son homérique périple, lit, housse de protection, tente de bivouac, paravent protecteur, …. et aussi alter ego inséparable, objet de compagnie comme on le dirait d’un animal familier, témoin du passé.

L’autrice a choisi de raconter l’histoire de ce petit garçon en la mettant en parallèle avec le deuil douloureux d’une femme adulte, Suzanne, animatrice de l’atelier d’écriture organisé dans le cadre scolaire et auquel Arsène participe. C’est elle qui lui sert de passeur, d’exorciste, qui lui permet de mettre des mots sur ses souvenirs, ses sensations, sa douleur. Toutefois, la disproportion est telle entre les deux réalités que cela m’a paru presque choquant. Ce n’est pas comparable. L’histoire du petit Arsène se suffisait à elle-même, me semble t-il, elle était assez forte pour être un livre à elle toute seule, d’autant que Yasmine Ghata sait faire passer une infinie tendresse dans les mots.

Le roman est formé des pages de ce qui serait le roman lui-même où Suzanne et Arsène sont les personnages principaux ; le point de vue y est omniscient. Leur sont entrecroisées d’autres pages qui sont celles du journal de Suzanne dans lesquelles elle se raconte en même temps qu’elle reprend ce qu’Arsène lui a dit en s’adressant à lui et où transparaît son empathie. Ce sont ces mots-là qui sont très touchants et qui font beaucoup pour rendre le livre émouvant.

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